Je suis partie de chez moi un lundi 5 janvier.
Après des au revoir bouleversants avec mon conjoint et ma meilleure amie, je m’accroche à mon projet comme à un phare dans la nuit. Je tourne la clé dans le contact… et je pars.
Un torrent de larmes me submerge.
Quelques kilomètres après mon départ, un énorme vide se forme dans mon ventre. J’ai l’impression que mon corps va me lâcher : mes jambes fourmillent, ma tension semble chuter.
Pendant quelques minutes, je me demande si je vais vraiment réussir à aller jusqu’au bout.

Poussée par une force de vie plus grande encore, j’ai monté le son de l’autoradio. La mélodie envoûtante de Ludovico Einaudi m’a porté et j’ai gardé le cap.
Plusieurs fois sur la route, je me suis parlé pour m’encourager.
Mon objectif : rejoindre Lyon, où je resterais 38 jours pour rénover Aslan, mon camping-car, avec l’aide précieuse de mon indispensable Daddy.
Les journées se sont enchaînées au rythme des galères, des imprévus et des longues séances de remue-méninges pour trouver les solutions qui nous permettraient d’avancer.
Avec Daddy, il y a eu des jours où l’on avait l’impression de ne pas voir le bout. Mais notre patience et notre détermination ont fini par porter leurs fruits.
Aujourd’hui, nous pouvons être fiers du travail accompli.
Et surtout Daddy, pour sa patience et ses compétences de bricolage hors pair.
Je ne sais pas encore où ce périple me mènera, mais je suis profondément reconnaissante pour ce temps que nous nous sommes offert avec mon père.
Parce que les souvenirs, eux, sont impérissables.






Au milieu de tout ça, j’ai aussi pris une décision symbolique :
me couper les cheveux au carré.
Après des années de cheveux longs, j’avais envie de changement.
Et je dois dire que je me suis sentie immédiatement plus légère et alignée.

Le 12 février, arrive mon deuxième grand départ.
C’est encore les larmes aux yeux que je quitte Daddy. Décidément, les émotions semblent couler à torrent, comme la pluie diluvienne qui accompagne mes premiers kilomètres.
Je décide finalement de dormir chez des vignerons France Passion, beaucoup moins loin que ce que j’avais imaginé au départ. Cela me laisse le temps de faire quelques courses et de promener mon copilote Bamboo à Ampuis.
La prise en main du camping-car se fait doucement, sans encombre.
Et cette première nuit seule en camping-car s’annonce sereine : des douceurs m’ont été offertes pour accompagner mon premier repas seule, le chauffage est allumé, l’ambiance est cocooning… et le sentiment que l’aventure commence vraiment.









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